Comment monétiser une application ?

Posté le : 
23 juillet 2021
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 Par Thibault d'Ottho

Depuis l’apparition des smartphones, les téléchargements d’applications n’ont cessé d’augmenter. Rien qu’en 2018, le nombre de téléchargements a atteint 205 milliards. Selon les estimations, il devrait s’élever à 350 milliards pour l’année 2021. Voilà pourquoi de nombreuses entreprises et entrepreneurs investissent dans la création d’applications. Ils voient dans ce secteur un potentiel de rendement élevé. Encore faut-il choisir le bon business model pour arriver à faire du profit. En effet, il existe plusieurs méthodes efficaces pour monétiser une application mobile. Découvrez les six moyens les plus courants.

Le principe du téléchargement payant

L’un des moyens les plus directs pour monétiser une application est d’en proposer une qui soit payante au téléchargement. L’apparition de nouveaux modèles économiques peut sembler rendre cette méthode désuète, mais elle reste parfaitement adaptées à certaines typologies d'apps et services. En effet, de nombreux développeurs et entreprises en proposent encore. Pour preuve, plusieurs applications payantes se trouvent sur les Store de Google et Apple. S’il y en a, c’est qu’elles sont rémunératrices. D’ailleurs, les observateurs évaluent entre 1 € à 100 € le coût de ce type d’application. Cependant, le prix affiché par les développeurs est de moins de 5 € en majorité. Seules les plus grandes entreprises ou les marques reconnues vendent leurs propriétés à un tarif élevé. Elles savent que leurs applications sont recherchées par les clients qui leur sont fidèles.

Application téléchargement payant

Concernant le paiement, il commence le plus souvent lorsque les mobinautes téléchargent l’application. La plupart du temps, la somme due est prélevée sur le compte iTunes ou Google Play de l’acheteur. Selon le business model choisi, le prélèvement peut se faire en une seule fois. Logiquement, l’application est installée automatiquement sur smartphones ou tablettes après paiement.

Certaines entreprises optent aussi pour des règlements récurrents. En d’autres termes, les mobinautes souscrivent un abonnement mensuel ou annuel pour utiliser la solution au quotidien. Un modèle comparable pour les applications web qui ne nécessitent pas de téléchargement, proposées en SaaS (system as a software), est la souscription au service en créant un compte client qui dispose de droits à l'utilisation du service, ou d'une clé API lui permettant de se connecter à celui-ci.

Attention, des conditions doivent être respectées pour que la vente d’une application payante rencontre un succès.

  • Tout d’abord, une bonne communication est nécessaire avant la présentation de l’application. Il faut exploiter les divers canaux tels que les réseaux sociaux pour partager des informations sur le nouveau produit. Les particularités et les utilités doivent être mises en avant afin de susciter l’intérêt des internautes. Il s’agit de la première étape à réaliser pour s’assurer que le lancement de l’application ne fasse pas un flop. Si possible, il faut créer le buzz le moment venu.
  • Ensuite, l’application doit être publiée sur les Stores. Il s’agit de la meilleure façon de toucher un large public. À titre d’exemple, App Store possède un public présentant une forte propension à dépenser. Quant à Google Playstore, il s’agit de la banque d’applications la plus utilisée dans le monde. Il est présent sur 75% des smartphones, ce qui permet d’avoir une plus large exposition. À noter qu’il faut créer des applications natives pour pouvoir faire un dépôt sur ces Stores. Pour ce faire, il est possible d’engager des développeurs d’applications mobiles professionnels. Actuellement, les app Builder et outils no code comme Adalo et Bubble sont aussi d’une grande aide pour les personnes n’ayant pas de compétences techniques en codage.

Le système d’application gratuite avec achats in-app

L’in-app purchase est un système très prisé pour monétiser une application. Il consiste à distribuer gratuitement une application sur les Stores d’Apple et de Google Play. Les mobinautes la téléchargent et l’installent sur smartphone ou tablettes sans avoir toutes les fonctionnalités. En effet, ils ont accès à une version basique. S’ils veulent avancer un peu plus dans l’utilisation de la nouvelle application, ils doivent procéder à un achat. Il existe 4 types de produits commercialisés avec ce système :

  • Premièrement, les produits consommables qui sont généralement utilisables une fois ou durant une période donnée. Tel est le cas d’un point de vie ou d'une monnaie interne au jeu dans un jeu mobile par exemple.
  • Deuxièmement, les non-consommables sont des produits sans date d’expiration. Il s’agit la plupart du temps d’une nouvelle fonctionnalité ou d’un accès premium.
  • Troisièmement, certains développeur proposent des services contre un abonnement mensuel ou annuel avec reconduction automatique.
  • Enfin, les mêmes services, fonctionnalités ou des nouveautés sont proposés en vente en abonnement sans reconduction.

Ce système d'achats in-app est le plus souvent choisi par les développeurs de jeux mobiles. La plupart du temps, les joueurs découvrent le jeu. Ils peuvent continuer jusqu’à un certain niveau. Ils doivent s’abonner ou acheter un pass via leur compte iTunes par exemple pour débloquer les prochains défis. Les médias numériques commencent aussi à exploiter cette méthode. Nombreux sont ceux qui proposent des applications gratuites. Cependant, les internautes n’ont accès qu’à des informations limitées. Les articles sont parfois découpés. Pour accéder à tout le contenu, il faut souscrire à une offre premium.

L’achat in-app est un business model qui peut être très rentable. Seulement, il est impératif de générer un gros volume de téléchargement. En effet, 5% des utilisateurs d’applications seulement procèdent à un achat in-app. Ainsi, le nombre d’usagers doit être optimisé afin d’espérer atteindre la rentabilité recherchée. Par ailleurs, les fonctionnalités, les services ou les contenus proposés doivent présenter des caractères nouveaux et alléchants. Par ailleurs, il est conseillé de vendre directement les services aux abonnés pour maximiser les profits. En effet, Google et Apple prélèvent une commission de 30% pour tous les achats in-app.

Monétisation d’applications grâce aux publicités

Comme pour les sites web, les publicités dans les applications sont rémunératrices pour les développeurs. Il s’agit de mettre en location les bannières publicitaires au-dessus ou en dessous du header ou dans le footer. Les publicités sont souvent claires. Parfois, elles prennent l’apparence d’une suggestion dans l’application. Il peut s’agir de liens internes ou externes. Dans tous les cas, le propriétaire de l’application est rémunéré au nombre de clics, pour un nombre d'affichage d'une bannière (CPM ou coût par mille impression par exemple), ou en fonction des contrats établis. Ce mode de monétisation doit prendre en compte l'expérience utilisateur, pour que la gratuité de l'app ne soit pas au prix de l'expérience utilisateur avec une exposition trop importante ou gênante aux publicités.

Remuneration d'application par publicite

Dans le détail, il existe de nombreux moyens de monétisation par le biais des publicités. En voici quelques exemples :

  • L’une des méthodes les plus utilisées est d’utiliser Admob. Il s’agit d’une solution proposée par Google. Le principe est de diffuser les publicités sur les bannières choisies. Une somme d’un montant convenu au préalable est versée à l’application mobile au CPC ou coût par clic.
  • Utiliser la solution Ligatus peut aussi être rentable pour les développeurs d’application. Comme pour Admob, la monétisation s’effectue à la performance. Un widget est placé en dessous d’un article ou sur les côtés. Il s’agit généralement de publicités ou de contenus premiums. Chaque clic est ainsi une opportunité de paiement pour le propriétaire de l’application.
  • Du même registre que la solution Ligatus, Taboola et Outbrain mettent aussi un widget au-dessous des contenus. Lorsqu’une suggestion est cliquée, un CPC est automatiquement reversé à l’application qui a généra le trafic.

Du même registre que la solution Ligatus, Taboola et Outbrain mettent aussi un widget au-dessous des contenus. Lorsqu’une suggestion est cliquée, un CPC est automatiquement reversé à l’application qui a généra le trafic.

Rentabiliser une application grâce aux partenariats

Dans le domaine du développement de l’application, un partenariat peut prendre la forme d’un sponsoring. Il arrive qu’une marque connue décide de sponsoriser le développement d’une nouvelle solution pour les mobinautes. Selon la nature du contrat établi, elle finance tout, de la conception jusqu’à la mise en ligne de l’application. En contrepartie, elle occupe toutes les bannières publicitaires durant les premiers mois. Pour le propriétaire de l’application, les avantages sont nombreux :

  • La rentabilité est maximisée dès le lancement. Puisque le coût du développement est quasiment inexistant, l’entreprise ou le développeur récolte uniquement des bénéfices.
  • Le sponsoring permet de profiter de l’image de la marque. Généralement, ce sont les clients de cette dernière qui vont acheter les premiers l’application si elle est payante. L’application profite aussi d’un bon positionnement sur le marché. Il s’agit d’ailleurs d’un atout majeur, même si le contrat avec la marque est terminé. En effet, d’autres entreprises essaieront certainement de louer les bannières publicitaires. En d’autres termes, l’application sera rentable durant un bon moment.

Bref, ce type de partenariat est un système gagnant-gagnant pour la marque annonceur et le propriétaire de l’application. Toutefois, il faut avoir une bonne visibilité sur ce secteur pour bénéficier des avantages de ce type de collaboration. Actuellement, l’un des meilleurs moyens d’y arriver est de faire le buzz en créant une application incontournable ou en proposant des services appréciés par le grand public. Une fois que c’est fait, votre nom sera sur toutes les lèvres. Les annonceurs ne manqueront pas de vous contacter pour lancer un projet en partenariat.

Monétiser une application : le modèle freemium

Le business model freemium est aussi une méthode de monétisation d'applications très répandue. Il est similaire à la solution achat in-app dans la mesure où il est question de vendre des fonctionnalités. La différence est que ce système propose aux mobinautes de tester une version d’essai de l’application. Parfois certains développeurs proposent même des versions abouties. Concernant la monétisation, les utilisateurs sont invités à acheter la version finale pour exploiter toutes les fonctionnalités disponibles dans le premier cas. Dans le second, ils sont invités à payer une offre premium pour ne plus voir des publicités. Pour les mobinautes, celles-ci sont parfois gênantes, surtout dans les jeux. Ils seront en quelque sorte forcés de faire un achat s’ils aiment utiliser l’application.

Pour que le modèle freemium fonctionne, quelques conditions doivent être remplies :

  • L’application doit montrer un caractère utile et innovant. Si les utilisateurs sentent qu’ils ne peuvent pas se passer de votre solution, ils achèteront la version premium pour une utilisation optimisée.
  • L’application doit faire en sorte que les utilisateurs soient accros dès les premières utilisations. Ainsi, le passage vers la version premium est assuré. Pour cela, l’application doit être utile, avoir un design particulier et populaire.
  • Les fonctionnalités supplémentaires doivent être spéciales au point de rendre les options de base obsolètes.
Modele freemium

Pour plus de clarté, voici quelques exemples d’utilisation du modèle freemium :

  • Les applications ou les outils de gestion utilisés par les Community managers permettent de lier un compte en mode freemium. Cependant, il est possible de fusionner plusieurs comptes en même temps avec la version premium. Là, les utilisateurs vont penser à acheter cette version puisqu’elle peut être un atout pour améliorer leur efficacité.
  • Les jeux mobiles aussi utilisent ce modèle. La plupart des jeux de course freemium présentent un graphisme de qualité et une jouabilité fluide. Cependant, le nombre de circuits est très limité au nombre de 10. Les modes de jeu accessibles sont aussi très restreints alors que visiblement l’application en présente d’autres. En effet, les modes inaccessibles sont expressément présentés dans la version gratuite pour susciter la curiosité des utilisateurs. Étant accros, les joueurs vont tenter de les débloquer en achetant la version premium.

Point important, ce business model peut être combiné avec d’autres systèmes pour maximiser les profits : location de bannières publicitaires, achat in-app, etc.

Gagner de l’argent en augmentant les ventes sur l’application

De par leur nature, certaines applications peuvent ne pas rapporter directement de l’argent. Elles sont en effet créées pour un tout autre objectif. Il peut s’agir d’optimiser la stratégie marketing, redorer l’image d’une entreprise ou d’améliorer les services clients. Dans tous les cas, ces applications ne comportent pratiquement pas de publicités ou de vente in-app. Pourtant, elles peuvent faire gagner de l’argent à l’entreprise. En effet, ces applications peuvent devenir un moyen de fidélisation des clients. Si elles sont efficaces, elles aident aussi à recruter une nouvelle clientèle. Les consommateurs fidélisés sont susceptibles de parler avec les gens autour et les pousser à consommer. En parallèle, les employés de l’entreprise peuvent communiquer plus facilement avec les prospects grâce à l’application. Au final, l’entreprise enregistrera une augmentation du taux de conversion de prospects, et donc de revenus. Ainsi, augmenter les chiffres des ventes est une bonne alternative pour faire du profit si l’application n’a pas été créée dans le but d’être monétisée de manière directe.

Cela ne veut pas dire que ce type d’application ne peut pas faire gagner directement de l’argent. Il est tout à fait possible d’y ajouter un business model. Vous pouvez toujours conclure un partenariat avec un tiers ou mettre en location les bannières. Cependant, les publicités présentes ne doivent pas faire de l’ombre aux services ou aux produits que vous proposez. À titre d’exemple, votre entreprise est spécialisée dans la vente ou la création d'applications ou de propositions de formations en tout genre. Les publicités qui devraient être présentes ne doivent pas avoir un lien avec ces services sauf si vous en tirez d’autres bénéfices que des commissions. Dans le cas contraire, il est préférable de proposer des publicités incitatives centrées sur des produits cosmétiques, vestimentaires, etc. Il est aussi possible d’afficher des publicités d’entreprise proposant des services complémentaires au vôtre.

Comment choisir le modèle pour monétiser une application ?

Il est clair qu’il existe de nombreux types de business model adaptés aux applications. Toutefois, le choix de modèle économique ne doit pas se faire au hasard. En effet, ces systèmes de monétisation disposent de leurs particularités. Certaines conviennent à un type précis d’applications. En plus, les développeurs ou certaines entreprises répètent les mêmes erreurs : créer une application gratuite et espérer faire de l’argent grâce aux bannières publicitaires. Bien sûr, cette méthode est une possibilité. Cependant, il faut répondre à plusieurs critères pour arriver à générer un profit :

  • L’application doit être utilisée par suffisamment de mobinautes pour que les publicités soient massivement partagées.
  • Elle doit aussi être utilisée dans un lieu disposant d’un réseau permettant aux publicités d’être chargées et affichées.

Ce constat met en évidence que la méthode de monétisation via la publicité ne convient pas à toutes les applications. Pour vous guider, voici quelques critères de choix à prendre en compte pour sélectionner le modèle idéal :

  • Le choix du modèle économique doit se faire en fonction de l’utilisation par les usagers. Si elle est fréquemment utilisée, le système d’abonnement est préférable. Dans le cas contraire, le système d’achat intégré est plus adapté. Les utilisateurs font des achats lorsqu’ils veulent avoir des fonctionnalités spécifiques. En plus, un abonnement est synonyme de perte pour eux s’ils utilisent rarement l’application.
  • Le type de l’application est aussi un important critère à prendre en compte. S’il s’agit d’un jeu mobile, le modèle le plus adapté est le freemium in app. Les joueurs apprécient moyennement l’apparition de publicité entre les parties. Pour les applications utilitaires, la vente au téléchargement peut être efficace. Pour finir, les publicités conviennent le mieux pour toutes les applications à fort trafic.

En résumé, une application dispose de plusieurs options pour générer des revenus puisqu’il existe plusieurs modèles économiques possibles. Cependant, il est crucial de choisir un système adapté pour optimiser vos revenus sans nuire à l’expérience de ses utilisateurs ou freiner son adoption.

Il est fortement conseillé de réfléchir au modèle économique de l’application dès le lancement de votre projet, lorsque vous êtes en phase d’idéation et de construction du projet. Avoir une vision claire des parties impliquées, des besoins utilisateurs et de la proposition de valeur de l’application permet de réaliser de meilleurs choix pour la monétisation de votre app qui sera ainsi en mesure d’être une source de revenus.

C’est l’une des questions que vous vous posez dans le cadre d’un business plan d’application ou lors de la réalisation d’un lean startup canvas par exemple. Il n'est bien entendu pas toujours facile de savoir exactement comment vos utilisateurs vont réagir au modèle économique de votre application, à la tarification des services offerts ... c'est pour cette raison que nous vous recommandons de tester votre marché avec un premier produit produit fonctionnel et viable, un Minimum Viable Product d'application (MVP), qui vous permettra de bénéficier de précieux retours utilisateurs et générer vos premiers revenus tout en le faisant évoluer.

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